L’économie pour les nuls

Aujourd’hui, tous les pays développés (et même moins développés) sont connectés entre eux dans une gigantesque économie de marché mondiale. Chaque pays applique ses propres règles, chaque individu essaie de tirer au mieux son épingle du jeu. Et pour les perdants ?

Fonctionnement du système capitaliste

Dans tout système économique, on trouve des individus ou des sociétés qui vont produire des biens ou des services. Ceux-ci sont vendus afin de récupérer de l’argent.

Les richesses sont produites avant tout avec du travail, mais aussi très souvent avec de l’énergie, des matières premières et de l’argent. Chacun de ces ingrédients « facultatifs » à un rôle bien particulier :

  • L’énergie est là pour multiplier, grâce à des outils, la puissance, la cadence, la précision du travail effectué. L’énergie est un point très important dans notre économie : on sait en effet que le PIB d’un pays est étroitement lié à sa consommation d’énergie. Imaginez en effet que l’on souhaite subitement revenir au tout manuel : plus d’ordinateurs, de voitures, de machines, etc. La production de chaque entreprise chuterait inévitablement. C’est donc bien en brulant plus d’énergie que l’on peut produire plus.
  • Les matières premières vont permettre, après transformation, de créer les biens qui vont être vendus aux clients. En général, les entreprises qui vendent des services n’ont pas besoin de matières premières, mais pour les autres, il s’agit d’un besoin vital…
  • Il peut être étrange d’avoir besoin d’argent pour produire des richesses, mais c’est pourtant aujourd’hui nécessaire pour acheter des locaux, des matières premières, des machines, bref, tout ce qu’il faut pour démarrer une production. C’est également nécessaire par la suite pour faire les investissements qui s’imposent afin, par exemple, d’éviter d’avoir un vieillissement du matériel.

Bien sûr, il est possible de produire des richesses en n’utilisant que le fruit de son travail, mais cette production sera alors extrêmement limitée. Essayez de gagner votre vie simplement en aidant les personnes âgées à traverser ! Même un artiste aura besoin au moins de peinture ou d’une société de production…

À propos de croissance

On peut aisément imaginer une entreprise qui fonctionne à l’équilibre, c’est-à-dire qui vend chaque année les mêmes quantités de richesses, ce qui lui permet de payer les différentes charges ainsi que les investissements nécessaires pour que ses outils ne soient pas vieillissants. Une telle entreprise fonctionnerait donc très bien, sans avoir besoin d’augmenter sa production. Pourquoi donc entendons-nous sans cesse parler de croissance ? Pourquoi nous répète-t-on que cette croissance, c’est-à-dire l’augmentation permanente de la production, est nécessaire ?

Comme nous l’avons vu, une entreprise a très souvent besoin d’argent pour fonctionner. S’il n’a pas la chance d’avoir une famille aisée, le créateur de l’entreprise va être contraint d’emprunter à des tiers. S’il choisi un organisme financier (une banque), notre créateur (ou son entreprise) va devoir rembourser le prêt et payer les intérêts en plus des charges normales. Or, si l’entreprise tarde à démarrer, il va falloir rembourser un emprunt alors que l’on ne gagne pas encore assez d’argent.

Une autre solution consiste à partager des parts de l’entreprise. On vend donc des morceaux de l’entreprise contre cet argent dont on a besoin. Les personnes qui « prêtent » cet argent deviennent donc partiellement propriétaires de l’entreprise. Ils ne réclameront pas d’intérêt sur leur « prêt » (qui, en fait, n’en est pas un), mais peuvent prétendre à une part des bénéfices.

Dans le cadre d’une société anonyme, les parts de l’entreprise sont représentées sous forme d’actions, qui s’achètent et se vendent sur un marché que l’on appelle la bourse. Jusque là, rien de malsain. Sauf que les personnes qui investissent en bourse le font rarement par philanthropie. Leur objectif est de gagner de l’argent, et le plus vite possible.

Les investisseurs ont un moyen simple de gagner de l’argent, c’est d’attendre leur part des bénéfices de l’entreprise (c’est ce qu’on appelle les dividendes). Mais pour la plupart des entreprises, les dividendes, qui ne sont versées qu’une fois par an, ne sont pas énormes. Au regard de l’investissement, l’argent n’arrive que lentement et en faible quantité.

Cependant, il est possible de gagner de l’argent plus vite : si l’entreprise prend de la valeur, l’investisseur pourra revendre sa part à un autre, pour une valeur supérieure à celle qu’il a lui-même payée. C’est la spéculation.

En conclusion, pour avoir l’argent nécessaire à son fonctionnement, une entreprise doit vendre des parts d’elle-même à des spéculateurs qui vont lui demander de prendre le plus de valeur, le plus vite possible. L’entreprise va donc être contrainte à toujours produire plus. C’est ici que se situe le besoin de croissance. Et une part importante de cette croissance ira dans la poche des spéculateurs.

Les conséquences de ce système sont désastreuses :

  • D’un point de vue économique, l’État base ses investissements (et globalement toutes ses dépenses) sur cette croissance. Si la croissance diminue dans un pays, les richesses produites ne suffisent plus à générer les recettes fiscales nécessaires, et c’est alors la dette qui croît. Ceci enferme l’État dans un cycle infernal, puisqu’il va devoir diminuer ses aides pour rembourser cette dette de plus en plus importante, alors que ces aides elles-mêmes étaient génératrices de croissance.
  • D’un point de vu social, si l’entreprise n’a pas de croissance, les investisseurs vont vouloir se désengager. Afin d’avoir le moins de pertes possibles de leur investissement, il vont essayer de faire artificiellement prendre de la valeur à leur entreprise. Le moyen le plus simple est de licencier les salariés. C’est ainsi que l’on voit se fermer des entreprises qui pourtant fonctionnent convenablement.
  • Toujours d’un point de vu social, on doit produire toujours plus de travail en limitant les charges (donc les embauches) et souvent avec des contraintes horaires imposées par la Loi. On demande donc aux salariés de ne pas déclarer leurs dépassements d’horaire, de limiter leurs pauses, de travailler plus vite, de travailler plus vieux, etc. Bref, on demande au monde de tourner plus vite, ce qui a pour conséquence que plus personne ne sait prendre le temps de vivre, tout le monde est stressé de peur d’être en retard…
  • D’un point de vu écologique, on doit consommer toujours plus d’énergie et de matières premières. On veut se préparer à l’ère de l’après-pétrole, mais on demande aux entreprises d’en consommer toujours plus. On veut limiter la déforestation, mais on demande aux entreprises de couper plus d’arbres. Notre planète n’étant pas infinie, cette croissance est en train de l’abimer à une vitesse de plus en plus importante.

Fin du capitalisme

Le système capitaliste à besoin de croissance, c’est-à-dire de produire toujours plus, en exploitant les réserves d’énergie et de matières premières, en faisant travailler les salariés toujours plus. Mais les quantités d’énergie, de matières premières, et même de travail sont limitées. Il arrivera forcément un moment où l’on sera au bout. Le système capitaliste vit donc ses derniers instants.

Si de plus en plus de voix s’élèvent contre les injustices, ceux qui détiennent l’argent, donc le pouvoir, pèsent de tout leur poids pour que ce système perdure. C’est d’autant plus facile pour eux qu’ils sont les maitres de ce système…

Le système capitaliste vit donc ses derniers instants, mais sa fin peut se faire de deux façons différentes :

  • On peut tenter de rester dans ce système tant qu’il y a encore des ressources. Lorsque celles-ci seront épuisées, on sera dans une situation catastrophique où de nombreux humains n’auront plus d’accès aux besoins vitaux comme l’eau. Il faudra donc s’attendre à une révolte violente de leur part, animée par la jalousie de voir « les dominants » bien à l’abri. Ces derniers n’auront d’autre choix pour leur survie que de réprimer les révoltes dans le sang. On assistera à une guerre civile longue et dévastatrice.
  • On peut dès aujourd’hui tenter de révolutionner le système en créant de nouvelles règles du jeu à l’échelle de la planète. Le cout de cette option n’est pas nul non plus. Certains, en particulier les plus aisés, vont devoir revoir leur train de vie à la baisse, pour que d’autres puissent vivre convenablement. La phase transitoire sera également très dure pour tout le monde, même si l’on peut faire en sorte qu’elle soit la plus brève possible.

Naissance d’un nouveau monde

Si l’on veut pouvoir créer un nouveau système qui soit pérenne, il faut tenir compte de tout le monde : les « riches », les « pauvres », les « délinquants », toute l’humanité, toute la planète, en fait.

Une solution possible serait l’instauration d’une allocation universelle, minimale, mais suffisante pour vivre (se nourrir, s’habiller, se loger), et attribuée à tous sans condition.

Aujourd’hui, les salariés sont globalement prisonniers de leur entreprise. Dans le contexte de crise actuel, il y a tellement peu de chance de trouver un nouvel emploi qu’on a tout intérêt à conserver celui qu’on a, quitte à accepter tout et n’importe quoi de son patron. Une allocation universelle permettrait de libérer les salariés de cet esclavage moderne. Les patrons y trouveraient également un avantage puisqu’il serait alors inutile d’instaurer un salaire minimum, ce qui permettrait d’embaucher pour de petits travaux à faible valeur ajoutée. D’un autre côté, chaque travail devrait être payé à sa juste valeur, sans quoi, le salarié peut facilement partir de l’entreprise.

Les conséquences positives d’une telle allocation sont énormes et parfois inattendues. En effet, en libérant ainsi les salariés, on leur permet de ne travailler qu’une partie de la journée et de conserver du temps pour s’occuper d’eux-mêmes et de leur famille. Les entreprises doivent donc embaucher plus de personnes pour le même travail, ce qui diminue le chômage. Les salariés peuvent prendre le temps de vivre, diminuant ainsi les risques d’épuisement professionnel, peuvent prendre plus de temps pour s’aérer, faire du sport, diminuant les problèmes de santé, mais aussi peuvent prendre plus de décisions quant au destin de leur entreprise, sous peine de quitter celle-ci s’ils ne se sentent plus en adéquation avec la politique suivie !

Une allocation universelle favorise l’entrepreneuriat. En effet, il est aujourd’hui assez difficile de quitter son emploi pour créer une entreprise, surtout si l’on a la charge d’une famille ! Avec un « revenu » assuré, on sait qu’on peut se lancer sans prendre trop de risques. De plus, il n’est pas forcément utile d’aller s’installer dans de grandes agglomérations. Même si la rentabilité est très faible, l’allocation universelle complète, et favorise donc l’implantation de petites entreprises locales. C’est bon pour l’emploi, c’est bon pour l’environnement.

Alors qu’aujourd’hui la création artistique est devenue très mercantile, au point qu’on ne sache plus si l’on a vraiment affaire à des artistes ou à des commerciaux qui nous manipulent, alors qu’on ne sait plus comment faire pour rémunérer ces artistes, taxant tout et n’importe quoi, l’allocation universelle permettrait aux artistes de se consacrer à leur art, sans chercher forcément à produire une œuvre commerciale. Ils pourraient ensuite obtenir des revenus complémentaires lors de concerts, expositions, etc.

L’allocation universelle serait donc probablement un bon point de départ pour la création d’un nouveau monde…

Pour en savoir plus :

Publicités
Cet article, publié dans Économie, est tagué , , , , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s