Une vision simple du revenu de base

Est-il normal que chacun ait un toit pour s’abriter et se reposer ? Est-il normal que chacun puisse s’habiller suffisamment pour ne pas souffrir du froid ? Est-il normal que chacun mange à sa faim ? Tout en répondant par l’affirmative à ces 3 questions, certains arrivent quand même à militer contre le revenu de base.

Pourtant, le revenu de base¹ n’est rien d’autre que cela : donner à chacun les moyens de survivre dans notre société. Et les donner de façon simple, automatique, individuelle. Comment être opposé à cela ? Notre société serait-elle devenue si individualiste qu’elle ne pourrait concevoir une telle chose ?

Je veux bien croire que certaines personnes pensent que c’est à chacun de se débrouiller pour trouver les moyens de sa survie. Et effectivement, si telle est votre vision de la société, vous n’avez aucune raison d’être favorable au revenu de base, qui va à l’encontre de votre philosophie. Mais j’ai quand même l’impression que la plupart des personnes qui m’entourent trouvent inadmissible que des gens puissent encore aujourd’hui mourir de faim ou de froid.

Avantage en nature

D’aucun me rétorque que l’on pourrait pourvoir chacun directement en nature, plutôt que de donner de l’argent et ainsi encourager l’économie libérale, capitaliste (ou tout autre adjectif ayant une valeur péjorative dans la bouche de celui qui le prononce). À cela, je répondrait 2 choses.

Tout d’abord, c’est un peu ce que l’on essaie de faire aujourd’hui. Ce qu’est, en tous cas, sensée faire la pléthore d’aides que l’État peut fournir sous conditions diverses et variées. Or, force est de constater que cela ne fonctionne pas. Ou en tous cas, pas correctement. Il n’y a qu’a demander à Emmaüs ou aux Restos du Cœur…

Ensuite, je dirait que donner sous forme pécuniaire permet à chacun d’exprimer sa personnalité. En effet, nous sommes tous différents. On pourrait, par exemple, décider de fournir une boite de ravioli à chacun pour chaque repas. Mais certains pourraient être allergiques à certains contenus de la boite, d’autre pourrait faire le choix de ne pas manger de viande. D’autre encore pourrait préférer, à l’aide d’activités lucratives, manger du caviar à la louche. Le revenu de base, c’est en quelque sorte le moyen de financer le repas de chacun à hauteur de la boite de ravioli.

Un coût trop élevé ?

L’un des principaux reproche que l’on fait au revenu de base est son coût. En effet, si l’on prend une somme d’argent, même minimale, qu’on la multiplie par le nombre de citoyens et par le nombre de mois, cela fait une somme annuelle qui peut sembler astronomique ! Alors peut-on financer un revenu de base ?

La réponse est oui, évidemment, puisque déjà aujourd’hui, on parvient presque à s’assurer de la survie de chacun. On imagine donc bien que l’effort à faire pour pouvoir éliminer ce « presque » de la phrase précédente n’est pas si important que cela !²

Mais combien même, cette question n’est-elle pas mal venue ? Certes, s’assurer de la survie, de la bonne santé de chacun a un coût. Un coût élevé. Mais sommes nous plutôt prêts à payer ce prix ou préférons-nous encore voir des gens mourir de faim, de froid ?

Et les conséquences…

Le problème, entends-je parfois, est que cette mise en place ne sera pas sans conséquences. Et là, je suis tout à fait d’accord. Sauf si l’on regarde le détail des conséquences. J’entends souvent parler d’oisiveté, de retour de la femme aux fourneaux, voire même de retour de l’esclavage, puisque le patron n’a plus besoin de payer son salarié, vu que l’État s’en charge.

Pour moi, les « effets de bord » du revenu de base sont à l’exact opposé de cela. Le patron est bien obligé de payer son salarié correctement, car il ne peut plus faire de chantage à l’emploi (donc indirectement, à la famine) pour garder celui-ci. Le revenu de base, en affranchissant du besoin de luter pour sa survie, permettra à chacun de s’émanciper, aux hommes de rester au foyer s’ils le souhaitent, aux femmes, indépendantes de leur mari, de travailler si elle le souhaitent, aux entrepreneurs de démarrer leurs projets, sans se soucier de comment vivre en attendant les premiers clients, etc.

Et si je pense que ce sont plutôt « mes » conséquences qui nous guettent que les conséquences négatives évoquées, c’est simplement parce que l’impact des différentes expériences déjà menées sur le sujet a toujours été positif.

[1] Plus d’informations sur le revenu de base sur le site du MFRB.

[2] Voir aussi cet article écrit précédemment sur le financement du revenu de base.

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