L’appel

Le monde n’est pas juste. Pendant que des millions d’enfants vont se réjouir de tous les cadeaux de Noël qu’ils vont recevoir, des millions d’autres, que l’on ne veut surtout pas voir, vont mourir de faim, de froid, de maladies, bref, de pauvreté. L’ironie, c’est que ce sont sans doute les mêmes qui auront fabriqué ces cadeaux que l’on va distribuer !

Le monde n’est pas juste. Alors que la productivité a été multipliée par au moins 20 en un siècle, ce qui devrait permettre à chacun d’entre nous de vivre correctement en ne travaillant que 2 semaines par an, on demande à tous ceux qui ne sont pas au sommet de l’échelle d’en fournir toujours plus, au détriment du bien-être social et de la vie familiale. Alors qu’avant on s’occupait de nos vieux parents, on essayait d’inculquer un minimum d’éducation à nos enfants, on préfère aujourd’hui passer de plus en plus de temps à travailler tout en demandant à la société de s’occuper de nos proches.

Le monde n’est pas juste. Alors qu’une maigre part de cette augmentation de productivité profite effectivement aux travailleurs par une augmentation de leur pouvoir d’achat, on nous éduque, par un martelage de messages publicitaires, à céder aux achats compulsifs, et à dépenser le peu que nous avons pu obtenir dans une télévision plus grande avec effets 3D, une deuxième voiture pour ne pas perdre de temps en allant au travail, un téléphone portable avec accès internet pour être joignable en permanence, même pendant les quelques minutes où nous sommes entre le travail (où nous avons un téléphone professionnel) et la maison (où nous avons un téléphone fixe). À ne plus savoir nous satisfaire de choses simples, nous ne savons plus comment être heureux.

Le monde n’est pas juste. On nous pousse à vouloir toujours plus, aller toujours plus vite, produire toujours plus, et pour cela, nous exploitons toujours plus de ressources, au détriment de notre environnement, de notre propre lieu de vie. Aujourd’hui, on nous apprend à détruire puis jeter ce qui ne nous sert pas, plutôt que de chercher quelqu’un qui pourrait vouloir récupérer, afin de ne pas casser le rythme de la croissance.

Le monde n’est pas juste et je le supporte de moins en moins. J’ai la sensation d’être un inadapté dans ce siècle, dans ce système ; j’ai la sensation d’être un inadapté parce qu’on me demande de subir sans réfléchir, et que je ne peux m’empêcher de réfléchir et vouloir comprendre. Je refais le monde dans ma tête en permanence afin de le rendre plus juste, plus agréable pour tous. Oui, je dis bien pour tous, car même s’il y a un prix à payer, nous devrions tous, au final, nous y retrouver.

Je rêve d’une révolution. Une révolution mondiale qui marquerait la fin du système qui nous domine, et serait l’émergence d’un nouveau monde. Je rêve que le 21 décembre 2012 soit effectivement la fin du monde, la fin de ce monde que je ne supporte plus, et le début d’un nouveau qui ne laisserait personne sur le bas-côté.

Malheureusement, je sais que la plupart des humains qui habitent ma planète ne veulent pas d’une révolution. Beaucoup sont conscients des avantages qu’ils pourraient perdre, et ne peuvent être sûr de ce qu’ils pourraient gagner. Les autres pensent tout simplement ne pas être assez fort pour que leurs actes aient un impact sur l’avenir.

Malheureusement, je serai sans doute tout seul, à refaire le monde dans ma tête, jusqu’à ce que le monde dans lequel j’évolue ne finisse par me dévorer.

Stéphane Veyret, 10 décembre 2012

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